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07/02/2008

Achats publics responsables

        Il est vrai que dans le cadre de l'analyse les achats publics responsables ont été quelque peu négligés alors qu'ils font objet de ce blog au même titre que les achats marchands. Voici donc le premier volet de mes réflexions sur le sujet des achats non marchands. D'autres articles ayant pour but d'approfondir le sujet vont suivre.

 

 

Les achats publics responsables.

 

Le phénomène des achats responsables ne concerne pas uniquement les entreprises. Il se développe également au sein de la commande publique. Actuellement, l’achat public représente en moyenne 16 % du PIB de l’Europe à 15 et 17 % en France.[1]  C’est dire que l’étude des achats responsables ne saurait être complète sans prise en compte du domaine public. Précisons tout de suite que l’objectif du présent travail n’est pas une étude complète de l’achat public responsable car cela impliquerait l’inclusion des parties traitant de la définition des besoins, de la conduite d’appels d’offres et autres domaines extrêmement techniques. L’objectif de ce chapitre est de faire l’état des lieux de l’achat public durable, voir quelles sont les tendances et les avancées, les enjeux et les défis et, surtout, essayer de voir ce qui est commun pour les achats durables marchands et non marchands et ce qui les distingue.

 

Alors, comme le chantait Julie Andrews dans le fameux film « Sounds of Music », commençons par le tout début, l’endroit le plus propice pour commencer, c'est-à-dire, par la définition de l’achat public responsable. Le Plan national d’action pour les achats publics durables le détermine en termes suivants : « … qu’est durable, tout achat public intégrant, à un titre ou à un autre, des exigences, spécifications et critères en faveur de la protection et de la mise en valeur de l’environnement, du progrès social et favorisant le développement économique notamment par la recherche de l’efficacité, de l’amélioration de la qualité des prestations et de l’optimisation complète des coûts (coûts immédiats et différés) ». [2]

 

Notons que cette définition inclut une très large gamme de pratiques et permet de qualifier durable TOUT achat ayant inclus des critères environnementaux ou sociaux, quel que soit le degré d’implication. Sans remettre en question la compétence de ceux qui ont rédigé cette définition, notons qu’elle est quelque part en contradiction avec les exigences de la responsabilité sociale au sein des entreprises. Ainsi, nous ne qualifions pas de la RSE le marketing philanthropique ou les fondations d’entreprise alors que, indéniablement, ces activités peuvent avoir des impacts positifs sur l’environnement ou la sphère sociale. De la même façon, les stratégies dites de compromis qui passent principalement par la motivation des salariés de l’entreprise et qui ont pour but la réduction de la consommation de l’électricité ou du papier ne sont pas non plus considérées comme un vrai engagement RSE. En même temps, « 20 % d’économie d’eau, réduction de 10 % des consommations énergétiques, taux de recyclage des papiers blancs de 60 % » tel est un des objectifs chiffrés définis par le Plan national… dont il était question précédemment. Ceci nous emmène à conclure que, même si toute action ayant dans la ligne de mire la protection de l’environnement ou le progrès social peut être qualifiée de positive, il nous semble que seul un achat public qui se caractériserait par un meilleur rapport argent dépensé/amélioration sociale et/ou environnementale réussie pourrait s’inscrire dans une véritable économie durable.

 

Maintenant qu’on a traité de la définition de portée générale, question est de savoir s’il existe au sein de l’achat public durable les mêmes sous-types d’achats qu’on a pu constater dans l’univers des achats marchands. Effectivement, on parle souvent de 3 principaux  volets :

-         achat éco-responsable

-         achat éthique

-         achat socialement responsable.

 

Le sens du terme « achat éco-responsable » ne change pas en fonction du secteur, que ce soit le public ou le privé, par contre, les termes « achat éthique » et « achat socialement responsable » ont une signification quelque peu différente selon les secteurs. Ainsi, après une étude de plusieurs guides d’achat public responsable, directives, stratégies et plans, on peut estimer qu’  « achat éthique » va concerner tous les achats de produits fabriqués dans les pays émergeants et traiter des questions de la juste rémunération des producteurs et des conditions de travail (dans un sens large, allant de la prohibition du travail des enfants au respect de la sécurité et de l’hygiène du travail). Par opposition, l’achat socialement responsable aura dans la ligne de mire la promotion de l’emploi, le soutien à l’économie solidaire et l’amélioration des conditions de travail en France (ou dans n’importe quel pays dont une collectivité va mettre en place la politique des achats publics durables). 



[2] Le Plan national d’action pour les achats publics durables est consultable en ligne sur le site http://www.achatsresponsables.com/fichiers/pnaapd.pdf

 

04/02/2008

le 2 et 3 avril 2008

Le 2 et 3 avril 2008 Produrable, le salon des acteurs et métiers du développement durable, ouvrira ses portes à Paris.

Les participants aurant l'occasion d'élargir leur réseau de contacts, trouver des partenaires ou recruter des collaborateurs.

http://www.categorynet.com/v2/communiques-de-presse/environnement/produrable,-le-salon-des-acteurs-et-metiers-du-developpement-durable-2008012859265/ 

29/01/2008

Les achats durables

Introduction.

A. Le rôle de la fonction achats.

Depuis une bonne quinzaine d’années la fonction Achats a acquis une valeur stratégique au sein des entreprises. L’avènement de la globalisation et de l’ère d’externalisation ont contribué à augmenter son poids au sein des sociétés. Effectivement, dans un contexte de concurrence aigue entre les entreprises du monde entier l’amélioration de la compétitivité des entreprises dépend en grande partie des économies d’achats, des diminutions du coût total d’acquisition, de la maîtrise parfaite de la qualité achetée.

S’il ne fallait donner qu’un chiffre pour témoigner du poids des achats dans la compétitivité de l’entreprise, ça sera le chiffre suivant : aujourd’hui en Europe, le montant total des achats réalisés par les entreprises représente en moyenne 65 % de leurs chiffres d’affaires allant de 10 % dans les services jusqu’à 90 % dans la grande distribution.

On se rend compte, donc, que de par l’importante de leurs activités, les acheteurs peuvent exercer une grande influence sur les modes de production et de consommation pour les orienter vers ceux qui comportent le moins de risques sanitaires et environnementaux possible et ceux qui assurent la protection effective des droits de l’homme et des droits des salariés.

 

B. Le développement durable et la RSE.

D’autre part, depuis les années 1980, le développement durable s’impose comme une voie alternative de développement économique. Ce concept macroéconomique se transpose dans l’univers des entreprises avec la notion de la responsabilité sociale des entreprises, communément connue sous le cigle de RSE.

La RSE est définie par la Commission Européenne comme « l'intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec leurs parties prenantes » et ce phénomène a trait à trois domaines de responsabilité : l’environnemental, le social et le sociétal.

La RSE concerne l’ensemble de l’entreprise et, très particulièrement, la fonction achats à la fois dans le cadre de son volet social et de son volet environnemental.

 

I. Les achats durables : définitions et classifications.

I.1 Les achats durables : précisions terminologiques.

La définition la plus large détermine l’achat durable comme un  achat  - d'un  produit ou  d'un  service  -  qui  est plus  respectueux  de  l’environnement,  des  lois  sociales  et  de  l’éthique. On aperçoit tout de suite l’émergence, dans la définition, des 3 sphères de la responsabilité sociale des entreprises : l’environnemental, le social et le sociétal. L’existence de ces 3 univers parallèles a donné naissance à de multiples termes parmi lesquels « les achats durables », « les achats responsables », « les achats verts », « les achats éthiques », « les achats écologiques ou éco-responsables » ou, encore, « les achats solidaires ». Est-ce la même chose ? Ces termes, désignent-ils tous le même phénomène ou bien il existe des divergences et si oui, lesquelles ?

Le premier groupe de termes est représenté par le terme « achats durables » dérivé du concept de développement durable et le terme « achats responsables » dérivé du concept de la responsabilité sociale de l’entreprise. Les deux recouvrent la même réalité et se réfèrent à l’ensemble des formes d’intégration de la RSE dans l’activité de la fonction achats dans les entreprises.

Ensuite, on peut parler des achats verts ou encore des achats éco-responsables. Il s’agit d’ « une démarche d’achats plus respectueuse de l’environnement…[qui] consiste à sélectionner des approvisionnements aux impacts les moins importants sur l’environnement ».

Le terme « achats verts » renvoie généralement à l’achat des fournitures. Il s’agit pour un acheteur de choisir les produits qui, tout au long de leur cycle de vie, ont l’impact environnemental le moins important. L’achat vert doit s’efforcer d’être recyclable, biodégradable, conçu avec un emballage minimal. Dans la pratique, il peut s’agir des achats du papier recyclé pour les besoins de l’entreprise ou bien de l’approvisionnement de la cantine en produits alimentaires issus de l’agriculture biologique.

Le terme « achats éco-responsables » englobe la totalité des achats respectueux de l’environnement, il peut s’agir des fournitures, des travaux et même des services : l’imposition à la société externe de nettoyage des produits d’entretien écologiques en est un bon exemple.

A son tour, le terme « achats équitables » nous renvoie à l’univers du commerce équitable et désigne, donc, l’achat promettant une juste rémunération aux petits producteurs issus des pays les moins avancés du monde.

Les « achats solidaires » ont trait à une autre forme du commerce alternatif et concernent les produits « fabriqués par des associations d’insertion professionnelle, des personnes à mobilité réduite ou des jeunes en réinsertion… ou des produits dont une partie de ventes est reversée à des associations d’environnement ou de solidarités ".

Finalement, les « achats éthiques » se réfèrent au respect des droits de l’homme dans le processus des achats. « Acheter éthique, c’est acheter des produits ou des services produits dans le respect des droits sociaux fondamentaux définis par les conventions de l’Organisation Internationale du Travail ", tels que

-         le droit à l’association et à la négociation collective

-         l’élimination du travail forcé

-         l’interdiction du travail des enfants et le respect de l’âge minimum d’accès au travail

-         le respect des règles de sécurité et de santé sur le lieu de travail

-         le respect du salaire minimum et de la rémunération des heures supplémentaires.

 

I.2 Deux types d’achats : marchands et non-marchands.

La plupart du temps on assimile l’activité de la fonction achats dans une entreprise à des achats marchands, c’est-à-dire ceux destinés à être revendus à l’identique ou après transformation. L’intégration de la démarche RSE dans la fonction achats des entreprises a débuté avec les achats marchands parce que les grandes entreprises sont souvent sujettes aux critiques des ONG quant à leurs modes de production dans les pays pauvres. Donc, les impératifs de la RSE ont d’abord été intégrés dans les achats marchands dans une logique réactive pour éviter le ternissement de l’image et les critiques de la part des différentes parties prenantes.

Quant aux achats non-marchands, c'est-à-dire ceux qui ne rentrent pas dans l’offre de produits ou services proposés aux clients, ils échappent, pour la plupart du temps, à la critique extérieure et ne sont pas des vecteurs d’image de l’entreprise. De ce fait, l’intégration des impératifs de la RSE aux achats non marchands se présente, donc, comme un signe effectif de l’engagement de l’entreprise dans une démarche écologiquement et socialement responsable.

 

I.3 Deux axes de l’intégration de la RSE dans la fonction achats.

Il existe, effectivement, 2 grands axes d’intégration de la RSE dans la fonction achats : par produit et par fournisseur.

L’approche produit vise à sélectionner les produits plus respectueux de l’environnement et des lois sociales.

L’approche fournisseur vise à sélectionner les nouveaux fournisseurs en fonction des critères de la RSE et d’entraîner d’anciens fournisseurs dans une démarche plus responsable. Comme en atteste la première vague de rapports établis au titre de la loi NRE, la sous-traitance reste le point faible et le sujet le plus difficilement intégrable dans une démarche RSE compte tenu des caractéristiques socio-économiques de la plupart des pays à bas salaires où beaucoup d’entreprises ont externalisé leurs activités de production et d’assemblage. 

Cela est la conception traditionnelle de l’approche fournisseur, or, un autre problème suscite de plus en plus d’intérêt dans le cadre de cette approche. Est-ce qu’une démarche commerciale respectueuse du fournisseur fait partie de la RSE ? Je m’explique : tout le monde est au courant des relations difficiles entre la grande distribution et ses fournisseurs, une multitude de PMEs nationales ou régionales qui se voient obligées de réduire au maximum leurs marges pour remporter le marché et être présents sur les linéaires de la grande distribution qui représente souvent les ¾ de leur chiffre d’affaires ?

La bible des acheteurs de Carrefour qui s’appliquait à la lettre dans les années 90 préconisait, par exemple, « Ne jamais être enthousiaste avec un fournisseur, réagir négativement à la première offre, ne pas faire de concessions sans contrepartie » ou encore « demander l’impossible, se répartir les rôles en commission en bons et méchants, répéter sans arrêt les mêmes objections comme un disque rayé, ne pas hésiter à utiliser des faux prétextes, ne jamais oublié d’obtenir un maximum d’informations sur la personnalité et les besoins de nos interlocuteurs… ». Une technique des enchères inversées a été mise en place qui consistait à choisir le fournisseur qui propose le prix le moins bas. Cette politique fragilise le tissu des PMEs qui ne sont plus capables de répondre aux exigences des grands groupes.

Donc, on voit bien que dans la situation économique où le résultat des négociations est souvent connu à l’avance à cause d’un rapport de forces disproportionné, mettre en place une démarche des achats responsables, c’est également revoir sa stratégie de relations avec ses fournisseurs nationaux en instaurant des relations win-win où les deux parties trouvent leur compte.

 

 

II. Les achats responsables :  état des lieux.

Une étude menée par HEC en partenariat avec Ariba et EcoVadis montre qu’en 2007, le développement durable occupe la troisième marche du podium des préoccupations des Directeurs achats. Plus de 80% de décideurs achats se disent concernés. Ce taux très élevé semble indiquer que les entreprises françaises ont dépassé le stade « pourquoi développement durable ». Effectivement, même s’il n’existe par pour le moment de preuve scientifique que la responsabilisation des achats engendre des retombées économiques immédiates, il est généralement acquis que l’intégration de la RSE aux achats améliore les relations de l’entreprise avec ses parties prenantes. La réduction des risques liés à l’image de l’entreprise et des risques liés à la qualité des produits, et les réflexions d’ordre éthique (« c’est bien pour la planète ») sont autant de réponses à la question « pourquoi intégrer le développement durable aux achats ».

Comme nous le constatons, actuellement le problème à l’ordre du jour n’est plus pourquoi mais  « comment le mettre en place ». La majorité des décideurs achats déplorent le manque d’outils et d’indicateurs de performance. Une grande fragmentation des acteurs du développement durable dont la plupart ne se spécialisent que dans un de ses 3 volets n’arrange pas les choses car cela freine la création de référentiels communs. Cela, ainsi que l’absence d’expertise en interne et le manque d’implication des dirigeants, explique pourquoi, en 2007, seulement 1 décideur achats sur 10 a atteint ses objectifs en termes d’achats responsables.

 

Les relations avec les fournisseurs et les sous-traitants sont de loin le problème essentiel, surtout dans les entreprises des secteurs demandeurs en main-d’œuvre ou celles qui ont délocalisé leurs centre de production dans les pays émergeants à bas salaire. Un nombre d’analystes constatent que ceci se traduit par une pression croissante sur les salariés français non seulement en ce qui concerne les salaires mais aussi les avantages sociaux, les conditions de travail etc.

 

La formation des acheteurs aux enjeux de la RSE reste un volet stratégique de la mise en place de la politique des achats responsables dans les entreprises.

 

Depuis qu’en 2001 la loi sur les Nouvelles régulations économiques a été votée, les grands groupes cotés en bourse sont dans l’obligation de publier annuellement leur rapport de développement durable. Cela permet de voir plus clair dans leurs démarches d’achats responsables.

 

III. Les achats publics responsables.

Les entreprises ne sont pas les seules concernées par le phénomène. De plus en plus d’administrations publiques mettent en place une démarche d’achats responsables. L’institutionnalisation du phénomène facilite sa propagation. Effectivement, le Code des marchés publics a été modifié afin d’accélérer la mise en place des démarches de responsabilisation des achats au sein des administrations. Bruxelles est allé même jusqu’à la fixation des objectifs chiffrés en termes des achats responsables pour l’année 2010.

 

IV. Les achats responsables sur Internet.

Comme nous avons pu constater pendant les 3 mois qu’a duré notre veille, le sujet est loin d’être médiatisé dans le web. La plupart des sites ou autres ressources consacrés à la consommation et aux achats responsables portent sur la consommation finale et, notamment, sur le commerce équitable. Les guides de commerce équitable ou encore les guides de consommation responsable abondent sur le web, les forums de discussion ainsi que les blogs sont nombreux.

Par contre, les achats marchands et publics sont nettement moins éclairés et pour cause : il s’agit d’un phénomène technique qui n’intéressent pas spécialement les consommateurs-internautes. Effectivement, le respect par telle ou telle entreprise des critères de développement durable suscite un intérêt certain. Maintenant, les achats responsables pour le public qu’un volet parmi d’autres, les techniques, les pratiques et les processus n’intéressent que les décideurs achats ou les parties prenantes directement concernées. Voilà pourquoi la plupart des informations pertinentes que l’on a retenues lors de nos recherches ont été trouvées soit sur les sites entièrement dédiés à la fonction achats, soit sur les sites traitant du sujet du développement durable et, notamment, du volet « relations avec les fournisseurs ».

Les forums de discussions, les listes de diffusion et les blogs sont pratiquement absents sur Internet. Une preuve, après de longues recherches dans Google, Exalead, Kartoo ou encore dans les outils de recherche de blogs spécifiques notre blog est le seul blog référencé traitant des achats responsables au sein des entreprises ou traitant des achats publics responsables.

 



 

 
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